À Tsimbazaza, la levée de l’immunité parlementaire de Marie Michelle Sahondrarimalala ouvre un nouveau front politique. Entre légalité revendiquée par la présidence de l’Assemblée nationale et accusations de règlement de comptes brandies par l’IRMAR, la fracture s’accentue.

A peine les vœux pour la nouvelle année prononcés que la « purge » se poursuit au sein des proches de l’ancien pouvoir. Dans une publication sur sa page, le président de l’Assemblée nationale Siteny Randrianasoloniaiko a indiqué hier que l’immunité parlementaire de l’élue de Fianarantsoa I Marie Michelle Sahondrarimalala a été levée. « Une lettre officielle venant de la Justice m’est parvenue, demandant la levée de l’immunité parlementaire de la députée Marie Michelle Sahondrarimalala pour les besoins de plusieurs enquêtes la concernant », a-t-il écrit. Selon lui, la levée de l’immunité a été discutée et décidée au sein du bureau permanent, réuni à cet effet. Siteny Randrianasoloniaiko a indiqué à la presse aujourd’hui que la démarche entre totalement dans le cadre de la loi. « Personne n’est au-dessus de la loi à Madagascar surtout en cette période de refondation, que ce soit un député, un président de l’Assemblée nationale, un sénateur ou un ministre », assène-t-il.

La réponse ne s’est pas fait attendre du côté de la formation politique IRMAR (Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina), famille politique de Marie Michelle Sahondrarimalala. Sans surprise, Philobert Milavonjy, septième vice-président et chef de l’opposition à Tsimbazaza, crie au scandale. « Les poursuites à l’encontre de l’élue Marie Michelle Sahondrarimalala ne suivent pas la loi en vigueur dans le pays, lance-t-il lors d’un point de presse quelques minutes après celui du président de l’Assemblée nationale. Nous ne savons pas encore pour l’heure les raisons de ces poursuites ». Philobert Milavonjy de rappeler que la principale concernée, en plus d’être députée, est à la fois une ancienne ministre et une magistrate de premier grade. De ce fait, une éventuelle poursuite à son encontre doit respecter certaines règles spécifiques. « Si les raisons concernent des faits remontant à l’époque où elle était ministre, cela relève de la Haute cour de justice », poursuit-il. Concernant la levée de l’immunité parlementaire, l’élu d’Ambovombe indique ne pas avoir été informé d’une réunion du bureau permanent et demande plus d’explications de la part de Siteny Randrianasoloniaiko.

Réconciliation

Continuant sur sa lancée, Philobert Milavonjy appelle à l’arrêt de ce qu’il qualifie de règlement de comptes politique. « Nous reconnaissons les éventuels défauts de l’ancien régime dont nous faisions partie. Toutefois, si le but est de lutter contre l’impunité, pourquoi se cantonner au régime Rajoelina ? Des personnes des régimes qui nous ont précédé ne sont pas inquiétées actuellement », tonne-t-il. Siteny Randrianasoloniaiko réfute pour sa part toute velléité de revanche politique en insistant sur la légalité des démarches, contrairement aux pratiques de l’ancien régime. Il rappelle notamment le cas du député Christian Afakandro qui avait été appréhendé en pleine session parlementaire. Des faits qui remontent à décembre 2024.  

Pour l’heure, les raisons des poursuites à l’encontre de Marie Michelle Sahondrarimalala ne sont pas encore connues. Un point de presse avec l’avocat de l’élue, prévu ce matin, a été finalement annulé. Dans sa dernière sortie médiatique, Marie Michelle Sahondrarimalala, s’alignant sur la position de sa famille politique, a prôné la participation des exilés politiques à la concertation nationale. Philobert Milavonjy a pour sa part évoqué la nécessité d’un apaisement dans le contexte actuel. « La réconciliation et le pardon sont incontournable si nous voulons nous engager sur la voie de la refondation », conclut-il.

Réconciliation, un mot que des leaders du mouvement qui ont conduit à l’éviction d’Andry Rajoelina ne veulent pas entendre au nom de la lutte contre l’impunité.

Tolotra Andrianalizah