Nouveau rebondissement ce week-end dans la quête de reconnaissance de la présidence de la Refondation. Suite à une visite de l’ancien président Andry Rajoelina, le royaume d’Eswatini, qui assurera prochainement la présidence de la Troïka de la SADC, a appelé au retour à l’ordre constitutionnel avec effet immédiat, une prise de position qualifiée d’atteinte grave à la souveraineté nationale par Iavoloha.
« Conformément au protocole déclaré et adopté par la SADC, qui stipule que si un chef d’État est écarté du pouvoir de manière inconstitutionnelle, ce chef d’État doit être entendu. Sa Majesté le Roi a donné l’occasion au président Rajoelina d’expliquer la situation afin de pouvoir prendre une décision éclairée », a déclaré la vice-Première ministre du royaume d’Eswatini, Thulisile Dlala, après la visite d’Andry Rajoelina au palais royal de Lozitha, à Lobamba en Eswatini. Le roi Mswati III a en effet reçu une délégation menée par l’ancien président vendredi. D’après le communiqué, le roi n’avait pas pu être informé plus tôt de la situation à Madagascar en raison de la célébration de l’Incwala, la cérémonie la plus importante du royaume, qui se déroule entre décembre et janvier.
Andry Rajoelina a donc été accueilli avec les honneurs par celui qui sera le prochain président de la Troïka de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). La réponse ne s’est pas fait attendre du côté de la présidence de la Refondation, qui condamne, dans un communiqué particulièrement cinglant, une « légitimation sur la scène diplomatique régionale » d’un individu visé par un mandat d’arrêt international. « Le geste du Royaume d’Eswatini apparaît comme un facteur de trouble et de perturbation du processus en cours (…) une insulte au sang versé, à la mémoire des victimes, au sacrifice de la jeunesse et à la dignité nationale », poursuit le pamphlet, en rappelant au passage qu’Andry Rajoelina ne posséderait plus la nationalité malgache.
Retour à l’ordre constitutionnel
Au-delà de la visite, le communiqué lu par Thulisile Dlala remet en cause la légalité du pouvoir actuel à Madagascar. « Sa Majesté s’est dite très préoccupée par l’évolution de la situation à Madagascar, où un président en exercice a été écarté de la présidence de manière inconstitutionnelle, ce qui va à l’encontre des principes des Nations unies, de l’Union africaine et de la SADC ». Dans la foulée, le royaume d’Eswatini appelle « toutes les forces de l’ordre de Madagascar à rétablir immédiatement la normalité constitutionnelle ». Cette déclaration du futur président de la Troïka de la SADC intervient alors que le colonel Michael Randrianirina n’a eu de cesse de clamer que le régime actuel est conforme à la Constitution depuis son accession à la présidence de la Refondation. Il revendique une légitimité tirée de l’adhésion populaire au mouvement du 25 septembre et s’appuie sur la décision de la Haute Cour constitutionnelle lui conférant le pouvoir.
La présidence de la Refondation indique avoir adressé une lettre au secrétariat de la SADC ainsi qu’au président par intérim de l’organisation, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa pour exprimer ses préoccupations.
Tolotra Andrianalizah


