Madagascar perd des points à l’Indice de perception de la corruption 2025. Dans ce contexte post‑soulèvement,  Transparency International Initiative Madagascar appelle les citoyens à rester attentifs.

Sans surprise Madagascar a perdu un point et huit places à l’Indice de perception de la corruption 2025 qui mesure l’année 2024 (25/100, 148ème /182). L’essentiel est finalement ailleurs dans la mesure où entre temps, le régime a changé dans le pays à la suite du soulèvement populaire d’octobre 2025 dont le niveau élevé de corruption a été l’un des principaux déclencheurs.

Si la lutte contre la corruption constitue l’un des chevaux de bataille de l’équipe dirigeante actuelle, la directrice exécutive de Transparency International Initiative Madagascar Mialisoa Randriamampianina appelle à plus de vigilance de la part des citoyens. « On ne peut pas se contenter de dire qu’il y a eu un soulèvement populaire. Justement parce qu’il y a eu un soulèvement populaire, il y a eu mort d’hommes, qu’il faut au contraire augmenter le niveau de vigilance », indique-t-elle en marge de la présentation de l’IPC 2025. Pour Mialisoa Randriamampianina, il est nécessaire de continuer à contrôler, interpeler, dénoncer et apporter des corrections.

Concernant la capacité des dirigeants actuels à apporter les changements attendus, la directrice exécutive de TIMG partage la position de la société civile malgache qui attend toujours une concertation inclusive autour de la conduite de la Refondation. Pour l’heure, les appels de cette société civile restent dans l’oreille d’un sourd. « Sans consultation inclusive sur quelle refondation on veut, il y a un risque d’être au-devant des mêmes problèmes. Les mêmes causes produisent les mêmes effets », déclare Mialisoa Randriamampianina qui souligne dans la foulée le flou autour d’éventuelles candidatures des membres de l’équipe dirigeante dans un pays où les élections ne signifient pas forcément démocratie selon elle. En effet, l’IPC 2025 révèle un Madagascar « en voie d’autocratisation », mettant le pays sur une liste de pays sous surveillance de V-Dem Institute avec la Chypre, la Namibie, la Russie, la Slovaquie, la Slovénie et le Togo. « Nos dirigeants doivent garder en tête qu’ils s’occupent d’affaires courantes et la finalité ne sera que les élections ».

Tolotra Andrianalizah