Après un bond de près de 30 % du pétrole sur les marchés mondiaux, la guerre autour de l’Iran ravive le spectre d’un choc énergétique. À Madagascar, où les prix du carburant suivent les cours internationaux avec décalage, l’ampleur de l’impact dépendra surtout de la durée du conflit.
Le conflit qui s’intensifie au Moyen Orient à la suite des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran a provoqué une réaction brutale sur les cours du brut dans la nuit du dimanche au lundi. Le baril a bondi d’environ 30 %, le Brent flirtant avec les 120 dollars en quelques heures. Cette envolée, aussi violente qu’historique, traduit une nervosité grandissante du marché. En effet, le spectre d’un enlisement du conflit plane avec en toile de fond la paralysie du détroit d’Ormuz, passage obligé du pétrole du Golfe Persique, soit 20% de l’offre mondiale.
Les prix à la pompe ont pourtant baissé de 200 ariary ce mois-ci à Madagascar. Une accalmie qui semble contraster avec la situation internationale. Cette baisse s’explique par le décalage des ajustements des prix à la pompe qui sont déterminés sur la base des commandes passées environ deux mois plus tôt. Pour rappel, Madagascar s’est engagé depuis un an dans une politique de vérité des prix qui lie le tarif du carburant aux fluctuations du marché international.
Autrement dit, les tarifs actuellement affichés à la pompe reflètent encore les conditions du marché d’il y a plusieurs semaines, avant la flambée provoquée par l’escalade militaire autour de l’Iran. Les prochaines cargaisons, elles, pourraient être achetées à des niveaux nettement plus élevés si la hausse du brut se confirme. Pour les automobilistes malgaches, cette baisse récente pourrait donc n’être qu’un répit temporaire. Si les cours du pétrole restent élevés dans les semaines à venir, la logique de vérité des prix pourrait rapidement se traduire par une hausse du carburant.
La question se pose alors pour les autorités. Face à une flambée prolongée, le gouvernement cherchera-t-il à amortir le choc pour les consommateurs et pour l’économie ? L’hypothèse d’un retour à un prix subventionné n’est pas à écarter. Une telle décision permettrait de limiter l’impact immédiat sur les ménages et les transporteurs, mais elle pèserait lourdement sur les finances publiques.
Après une dizaine de jours d’escalade, la situation est encore incertaine. Si la tendance haussière du cours du brut est logique, les analystes s’accordent à dire que tout dépendra finalement de la durée du conflit et de la fermeture du détroit d’Ormuz. Lundi, le président américain Donald Trump assure que la guerre en Iran est « pratiquement terminée ». Depuis le début des frappes le 28 février, le Brent a gagné plus de 30 dollars le baril soit 41,1%.
Tolotra Andrianalizah


