Le président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina, a confirmé l’élaboration d’une feuille de route d’ici fin février, conformément aux attentes exprimées par la Communauté de développement de l’Afrique australe et l’Union africaine. Mais au-delà de l’annonce, de quoi cette feuille de route sera-t-elle réellement faite, et surtout, comment sera-t-elle élaborée ?
« A ce jour, aucune concertation inclusive pour définir la feuille de route et les modalités de gestion de la transition n’a été organisée », déclare la société civile la semaine dernière dans un communiqué de presse où elle lance un énième appel dans ce sens. « Certains discours politiques tendent à nier la nature transitoire de la gouvernance actuelle et cultivent une confusion préjudiciable à la confiance citoyenne, en argumentant que Madagascar continuerait de fonctionner dans le cadre d’un régime pleinement constitutionnel et légitime », s’inquiète-t-elle.
Les 329 organisations signataires jugent ainsi indispensable l’organisation dans les meilleurs délais d’une concertation nationale inclusive afin de définir collectivement la vision, la mission, les objectifs stratégiques et les priorités de la transition, ainsi que les modalités concrètes de sa mise en œuvre.
En accordant une interview à Russia Today lors de son séjour moscovite, la deuxième depuis son accession au pouvoir, le président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina a annoncé une réunion prochaine du comité de pilotage de la concertation nationale sur la feuille de route. Reste à savoir si cette concertation répondra aux critères d’inclusivité et de transparence réclamés. La feuille de route ne sera pas jugée uniquement à l’aune de son contenu, mais aussi de son processus d’élaboration. Dans le contexte actuel, la méthode pourrait bien être aussi déterminante que le texte lui-même.
Tolotra Andrianalizah


