Son nom figurait dans la shortlist qui circulait ces dernières heures. Dimanche 15 mars, Mamitiana Rajaonarison est nommé premier ministre. Il succède à Heritsalama Rajaonarivelo.
« C’est cette intégrité que j’attends de vous ». Ces mots du président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina, résument les raisons qui l’ont poussé à nommer le désormais ancien directeur général du service des renseignements financiers (Samifin) Mamitiana Rajaonarison à la tête du prochain gouvernement. Dans son allocution, le locataire d’Iavoloha n’a pas manqué de rappeler les « faits d’arme » de cet ancien officier de la gendarmerie sur le front justement de la lutte contre la corruption. Michael Randrianirina a notamment indiqué que Mamitiana Rajaonarison n’a pas hésité à renoncer à son grade au nom de l’intégrité lorsqu’il travaillait au sein du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco). « Si la personne nommée ne fera que suivre le courant, il ne faut s’attendre à aucun changement à Madagascar », lance-t-il.
Manifestations
Mamitiana Rajaonarison n’est plus à présenter dans la lutte contre la corruption à Madagascar depuis qu’il a rejoint le Bianco en 2004 en tant qu’investigateur principal. Il devient ensuite chef de division investigation en 2008 avant prendre la tête l’antenne du Bureau à Toliara. Propulsé à la tête du Samifin en 2021 et reconduit en 2025, il est connu pour ne pas pratiquer la langue de bois et pour ses positions parfois très tranchées. Avec Mamitiana Rajaonarison, la Refondation tient une figure de proue sur le front de la corruption, tant soulevée depuis la chute du régime Rajoelina. Mais encore-faut-il que le nouveau premier ministre ait vraiment les coudées franches au risque de rendre cette nomination symbolique. Au-delà de la poursuite des gros poissons, il aura la lourde de tâche mener les réformes profondes dans l’administration.
Autre point qui joue en faveur de Mamitiana Rajaonarison, le fait qu’il ait manifesté en 2025 malgré sa position de directeur général du Samifin. Certains réclament en effet la nomination de personne appartenant au mouvement qui a évincé Andry Rajoelina. Michael Randrianirina a d’ailleurs salué le courage dont il a fait preuve et a invité le nouveau premier ministre à ne pas hésiter à l’interpeler en cas faux pas.
Prochaine étape pour Mamitiana Rajaonarison, la formation du gouvernement. Car au-delà des déclarations d’intention, c’est désormais à l’épreuve du pouvoir que sera jugée la promesse d’intégrité portée par la Refondation et cette nomination.
Tolotra Andrianalizah


