Les disparitions de personnes se multiplient et la peur s’installe dans la capitale. Alors que les avis de recherche affluent sur les réseaux sociaux et que certains cas se terminent tragiquement, le gouvernement déploie d’importants moyens sécuritaires et maintient la thèse de la déstabilisation.
« Je ne laisse plus mes enfants sortir seuls », confie la mère de deux enfants âgés de 16 et 6 ans. « J’ai peur quand je sors. Je ne sais pas ce qui se passe. Comment un gars qui a à peu près mon âge peut-il être enlevé ? », s’interroge un jeune dans la vingtaine.
Un climat anxiogène s’est installé dans la capitale cette semaine après la découverte du corps sans vie d’un jeune homme porté disparu le week-end dernier, un cas parmi les dizaines relayés dans les médias. Rien que dans la capitale, quatre-vingt-dix signalements de disparition ont été enregistrés depuis le mois de janvier, a fait savoir le ministre de la Sécurité publique.
Les récits relayés sur les réseaux sociaux alimentent davantage l’angoisse, d’autant que les disparitions se produisent dans différents quartiers et touchent désormais toutes les tranches d’âge. Pour l’heure, aucune explication officielle n’a été avancée. Pour l’exécutif, en revanche, la piste d’une tentative de déstabilisation ne fait guère de doute. Le ministre de la Sécurité publique l’avait déjà évoquée ce week-end, une position réaffirmée ce jour par le premier ministre.
C’est un Mamitiana Rajaonarison déterminé qui s’est exprimé ce jour. « Je ne peux pas tolérer qu’on touche à la vie de nos compatriotes », a-t-il lancé, indiquant avoir donné des instructions claires aux ministres concernés afin de mettre un terme à cette situation et de rassurer la population. Dans cette optique, quatre cent éléments des forces de l’ordre ont été déployés dans plusieurs quartiers de la capitale à partir de ce jour. Des numéros verts ont également été mis en place pour permettre le signalement de toute information utile. L’exécutif appelle ainsi la population à collaborer avec les forces de l’ordre afin d’identifier les éventuels auteurs de ces enlèvements.
Reste à savoir si ces mesures suffiront à rassurer la population. Cette série noire rappelle les événements de juin 2022, lorsque plusieurs jeunes filles avaient été portées disparues avant d’être retrouvées, souvent dans un état second. Selon le premier ministre, la situation actuelle diffère toutefois des épisodes passés, dans la mesure où les victimes sont désormais retrouvées mortes, parfois avec des organes manquants.
Face à cette situation, la Plateforme de la société civile pour l’enfance (PFSCE) appelle les autorités à faire toute la lumière sur ces disparitions, notamment en précisant clairement si ces événements sont liés entre eux ou s’il s’agit de cas isolés. Elle demande l’ouverture d’enquêtes « complètes, diligentes, indépendantes et transparentes » afin d’établir la vérité sur ces disparitions.
Tolotra Andrianalizah


