La décision de réquisitionner la production d’électricité par Enelec à Toamasina pourrait constituer un premier acte concret dans la remise à plat des engagements contractuels de la Jirama. Il s’agit d’une réforme attendue dans le cadre du redressement de la compagnie mais qui pose également la question de l’accès du public aux contrats conclus avec les opérateurs privés.
« Les contrats doivent être révisés », a lancé le président de la Refondation Michael Randrianirina le 20 juillet. Le président avait parlé d’un cas typique de contrat léonin qui lie la Jirama à ses fournisseurs en évoquant la fourniture d’électricité à Antsiranana. Un déséquilibre contractuel qu’il a explicité devant la presse. Le 6 novembre, le couperet est tombé sur Enelec Toamasina avec la réquisition de l’unité de production. La réquisition de la centrale et de ses équipements traduit la volonté de l’État de reprendre le contrôle et de garantir la continuité du service.
Au-delà du cas Enelec, cette décision remet au premier plan une question centrale dans le redressement de la Jirama, celle des conditions dans lesquelles la compagnie s’est engagée auprès de ses partenaires privés. La dépendance envers les producteurs indépendants, les coûts d’achat de l’électricité et les obligations financières qui découlent de ces contrats figurent parmi les facteurs qui pèsent sur l’équilibre économique de la compagnie.
La révision des contrats jugés désavantageux fait justement partie des réformes attendues pour améliorer la situation financière de la Jirama. Les partenaires techniques et financiers du pays insistent sur la nécessité de revoir les engagements qui contribuent à fragiliser les comptes de la compagnie. Dans cette optique, le dossier Enelec pourrait constituer un point de départ. Il reste toutefois à savoir si cette intervention sera suivie d’un examen plus large des contrats liant la Jirama aux autres prestataires comme l’avait indiqué le président.
Transparence
Cette perspective soulève une autre exigence, celle de la transparence. Les contrats conclus entre la Jirama et les producteurs privés restent difficilement accessibles au public. Pourtant, leurs conditions financières ont des répercussions directes sur les comptes de la compagnie, sur les besoins de financement de l’État et, à terme, sur les consommateurs. La publication des contrats, de leurs annexes financières et de leurs éventuels avenants permettrait de mieux comprendre les engagements pris par la compagnie nationale. Elle donnerait également aux citoyens et aux organisations de la société civile les moyens d’apprécier les conditions dans lesquelles les ressources publiques sont mobilisées.
Le mouvement du 25 septembre 2025 avait commencé par des revendications liées aux défaillances de la Jirama. Pourtant, derrière les coupures d’électricité se jouent aussi des questions de gestion et d’engagements financiers dont les citoyens mesurent rarement la portée. Les contrats conclus avec les producteurs privés, leurs conditions et leurs conséquences sur les finances de la compagnie restent largement méconnus.
Tolotra Andrianalizah


