Dans un contexte mondial marqué par la contraction de l’aide publique au développement, Madagascar entre de fait dans une compétition accrue pour capter des ressources devenues plus rares selon l’ambassadeur de l’Union européenne Roland Kobia.
Selon les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’aide publique au développement (APD) a chuté de 23,1 % en 2025. Historique. Si cette baisse a été largement tirée par l’effondrement des budgets américains, -56,9%, d’autres donateurs ont diminué leurs contributions à l’image de la France -10,9%. Concrètement, l’aide ne représente plus que 0,26 % du revenu national brut de ces pays, loin de l’objectif de 0,7 % fixé par l’Organisation des Nations Unies en 1970.
Face à cette situation, l’ambassadeur de l’Union européenne Roland Kobia indique que Madagascar doit être attractif l’APD. « Il faut que le pays reste attractif parce que les fonds de développement ne sont pas infinis », déclare-t-il lors d’une conférence de presse organisée à la veille de la Semaine de l’Europe. Un message qui s’accompagne d’un constat plus nuancé, celui d’un pays qui a déjà bénéficié d’importants financements ces dernières années, sans que les résultats ne soient toujours à la hauteur des attentes. Dans ce contexte, la question de l’efficacité de l’aide s’impose. L’enjeu ne se limite plus à l’accès aux financements, mais à leur utilisation concrète. Cette exigence rejoint les propos de la ministre déléguée française chargée des Partenariats internationaux Éléonore Caroit qui a déclaré sur France Inter que « on investit dans des projets de long terme, on cherche de l’impact, on mobilise des capitaux pour que ces projets-là soient pérennes ».
Le secteur privé est appelé à son rôle de moteur de la croissance dans cette nouvelle réalité. Là encore, l’ambassadeur évoque l’attractivité du pays pas seulement pour les investisseurs étrangers mais également nationaux. Roland Kobia de souligner le soutien de l’Union européenne à l’amélioration du climat des affaires à Madagascar. « L’attractivité se mesure à des signaux à la fois très symboliques et très concrets. Les symboliques, c’est ce qui est dit. Mais ces signaux doivent être traduits en actes, à travers la mise en place de politiques en adéquation avec le message politique », déclare-t-il.
Tolotra Andrianalizah


